http://editions-balland.com/Les-terres-promises_oeuvre_12015.html
Roman
Raicha, l’une des premières migrantes naufragées rescapées – contrairement aux milliers de cadavres qui auront cru aux « terres promises » et qui jonchent, pour l’éternité, les fonds de la mer Méditerranée – jette un regard surpris sur l’Europe, cet Eldorado qu’elle avait cru trouver, et dans lequel les gens ne la voient même pas, indifférents et blasés qu’ils sont devenus, devant ce génocide intercontinental dont on mesure mal l’ampleur, et qu’on nie farouchement, parce qu’il ne faudrait surtout pas que ce soit vrai ! Chaque année, des milliers d’enfants exilés disparaissent, sur terre et dans les flots ! Et les campements de fortune se multiplient, aux quatre coins du continent favorisé, y parquant la misère.Parmi les populations locales, il y a ceux qui raillent, ceux qui refusent, ceux qui aident de toutes leurs forces, généreusement, dont on sous-estime le salutaire combat – ce sont trop souvent les plus pauvres ! Et il y a enfin, ici, Raicha et sa famille, qui témoignent, pour que cela n'arrive « plus jamais ! », comme on l’aura trop souvent promis, dans l’histoire tourmentée de l’humanité.
On notera quelques points originaux de ce roman :
- les aspects humanitaires liés aux nombreux naufrages en Méditerranée (qui rappellent, anciennement, les « boat-people »);
- la description d’une Expérience de Mort Imminente et ses implications psychologiques, médicales et spirituelles;
- une introduction aux médecines naturelles;
- une démarche spirituelle (large) et citoyenne d’intégration.
« Il existe pour le pauvre en ce monde deux grandes
manières de crever, soit par l'indifférence absolue de vos semblables en temps
de paix, ou par la passion homicide des mêmes la guerre venue. »
Louis-Ferdinand Céline (1894-1961)
La vague vous l’a apportée, Raicha, ma mère, mollement abandonnée
et comme offerte, parmi les algues, les méduses, les crustacés, les cailloux et
les boulettes noires que laissent les résidus de pétrole sur vos côtes, le
ventre lourd de ma présence : ou, plutôt, elle a pénétré sur le continent
européen depuis une plage prisée des touristes, à l’aube, totalement inanimée, froide
et inerte dans les bras de ses intrépides et généreux sauveteurs qui l’ont
immédiatement branchée sur une respiration artificielle, puis étroitement
surveillée, durant le plus long jour de son existence, jusqu’à ce qu’elle
puisse enfin rouvrir largement ses magnifiques yeux mordorés sur cet Eldorado qu’elle
ne connaissait pas et qu’elle avait cru trouver.
Tout en faisant ses premiers pas, sous le tiède soleil de
l’Europe, cette clarté qui réchauffe si peu souvent, tant la noient les brumes
de ces contrées humides. ..............................................................................................................................................
Rapidement, elle sera engrillagée, comme les animaux du zoo
voisin - peut-être représentons-nous un danger, pour ces villes bourgeoisement
habitées ? Notre peau noire, comme notre dénuement total, une honte à
dissimuler ? Une plaie qui attente au commerce, nuit aux affaires, fait
fuir les touristes et leur argent ? .......................................................................................................................................
Cependant, une vie nouvelle croît dans son ventre et il faut
qu’elle réagisse rapidement, si elle veut sauver aussi son enfant-roi, celui
qu’elle aura appelé de tous ses vœux et qui respirera, à sa naissance, un autre
vent que ceux qui auront, durant des siècles, courbé sur leurs terres incultes son
père et les anciens de leur lignée avant lui : ombres chères, dont les
silhouettes se distinguent à peine, maintenant, à demi effacées par l’harmattan,
le simoun et le sirocco de leurs contrées désertiques et que le sable enfouit,
peu à peu, parmi d’autres vestiges de leurs cultures perdues...............................
